Assiste-t-on vraiment, dans les tiers-lieux (coworking, fablabs, télécentres…) à de nouvelles façons de coopérer ou encore de créer de l’activité ? Avec quel intérêt... Tiers-lieux et qualité de vie : le compte-rendu du tchat en direct

LOGO_SQVTAssiste-t-on vraiment, dans les tiers-lieux (coworking, fablabs, télécentres…) à de nouvelles façons de coopérer ou encore de créer de l’activité ? Avec quel intérêt et quels points de vigilance ?

C’est à toutes ces questions, et à bien d’autres, que l’Aravis-Aract Auvergne-Rhône-Alpes a tenté de répondre en cette Semaine de la qualité de vie au travail, en proposant, entre autres, un tchat en direct en cette matinée du 16 juin. Agrémentée de vidéos, l’opération a permis de faire ressortir les problématiques actuelles et la diversité d’usage et de perception des tiers-lieux.

C’est à 11h que le rendez-vous était donné pour discuter ensemble des tiers-lieux. De nombreux thèmes ont été abordés et développés, soulevant de nombreuses questions sociétales et économiques au passage. Nous n’avons pas manqué d’y participer et de mentionner le rôle du Pôle Numérique et l’objectif du réseau Cédille. En voici un petit compte-rendu.

Pourquoi se pencher sur les tiers-lieux ?

Première question pertinente : Pourquoi, pour l’aravis-aract, se pencher sur les tiers-lieux, alors qu’elle se préoccupe habituellement davantage des entreprises ?
Nous accompagnons les entreprises sur des questions d’amélioration des conditions de travail et pour bien le faire, nous nous intéressons aux évolutions des modes de travail. Au moment où les modèles d’organisation dans les entreprises posent question (pas assez d’autonomie, difficulté à concilier les temps, fonctionnement trop pyramidal..), les tiers-lieux sont intéressants car ils semblent proposer des formes alternatives. Ils peuvent peut-être dans ce cadre aider à renouveler les approches de travail collaboratif, d’innovation, de développement économique et de la qualité de vie au travail.

Implantation dans les zones rurales ? 

S’est posée aussi la question sur le bien-fondé de l’implantation des tiers-lieux en zones rurales ou touchées par le chômage. Certaines structures n’ayant pas réussi à s’implanter.
Des départements comme le Cantal misent fortement sur une stratégie de développement du télétravail et le travail collaboratif. Ce peut être une réponse à la problématique démographique des espaces ruraux qui, grâce au numérique, peuvent attirer de nouvelles populations, des jeunes surtout, prêts à investir dans la création d’activités. Cela peut contribuer à développer l’attractivité et à la revitalisation des bourgs.

Des notions encore floues 

Coworking, tiers-lieux, fablab… pour quelques participants au tchat, ces notions sont encore très floues et ont donné lieu à des définitions et des discussions intéressantes sur leur utilité voire leur existence. Certains se sont aussi posé la question, assez justement, du risque de transformer certains fablabs comme des prolongements de centres secteurs R&D d’entreprises.
Certaines entreprises proposent déjà à leurs équipes R et D et plus largement à leurs cadres des séminaires de travail dans le but de stimuler la créativité, l’innovation… Ce que nous disent les acteurs des tiers-lieux qui les accueillent, c’est que ces séminaires sont parfois de bonnes occasions pour les entreprises de s’interroger sur leur organisation interne dans le but de l’améliorer.

De la méfiance face au télétravail… mais de gros avantages aussi

Qui dit télétravail dit éloignement, ce qui peut être parfois un inconvénient. La discussion n’a pas manqué d’évoquer la méfiance des entreprises sur le télétravail à la maison, même si elle est moindre lorsque le télétravail se déroule dans les tiers-lieux.

Malgré cela, le phénomène se développe lentement. La Cordée indique que dans ses locaux, environ 25% des usagers sont des télétravailleurs.

Les avantages ont aussi été mentionnés par les participants: On remarque dans les tiers-lieux des dimensions favorables à la qualité de vie au travail : la possibilité de ne pas être isolé, l’autonomie, la possibilité de mieux concilier vie perso-vie privée, les marges de manoeuvres décisionnelles pour organiser son travail. 

La jonction entre présentiel et distanciel

Autre intervention intéressante, celle d’un économiste qui note que : Sur le fond,  je pense en effet que ces tiers-lieux sont importants à observer comme l’une des nouvelles formes importantes d’activité et de travail qui se développent à l’heure du numérique. Et qu’ils sont particulièrement importants parce que, justement, ils concrétisent la nécessaire jonction qui doit se faire entre présentiel et distanciel, individuel et collectif, dans la plus grande horizontalité possible au moins au départ entre acteurs de milieux ou rôles professionnels différents.

La différence avec les télécentres

On aura fait aussi la distinction entre les télécentres et les tiers-lieux. Un participant tient à préciser : Un télécentre n’est pas un tiers-lieu car il vise principalement à proposer un « service d’hébergement » à des télétravailleurs. Dans un tiers-lieu, il y a une approche communautaire, pour que le lieu propose justement autre chose qu’un simple espace de bureau.

Et l’Aravis-Aract Auvergne-Rhône-Alpes de renchérir : Merci pour votre remarque. Nous partageons également ce constat ; la dimension collaborative est le pilier majeur des espaces de coworking, ce qui n’est par forcément le cas des télécentres.

En bref, on l’aura compris, les échanges ont été riches et fort intéressants. Une expérience qui, on l’espère, sera renouvelée.

 

Voir les vidéos :

Zoom sur quelques témoignages vus dans les vidéos :

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Florence Saubatte, consultante transformation numérique, Iddest. « Aujourd’hui, on est dans un monde où les entreprises font face à des problématiques qu’elles ne peuvent résoudre seules et ont besoin que les gens échangent. Donc elles veulent décloisonner. On n’est plus dans une ère de subordination mais dans une ère de coopération. »

 

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Martine Huyon, consultante et chercheur, groupe Amnyos : « Les tiers-lieux sont un enjeu d’attractivité territorial pour les collectivités, un lieu à avoir sur son territoire pour montrer qu’on soutien l’innovation et l’entrepreunariat. Par cette manière, on a une nouvelle manière de soutenir l’emploi.» Et de conclure : « l’enjeu pour tous les tiers-lieux : passer de l’effusion, de l’ébullition à une pérenité dans le temps.»

 

A lire aussi : une interview de Mélanie Burlet, chargée de mission à l’Anact, sur l’intérêt de se pencher sur la question des tiers-lieux.

 

 

 

 

Viviane Prost

Animatrice du Moulin, espace de coworking du Moulin Digital. J'ai également créé mon activité d'écriture-correction de documents print et web en tous genres avec la coopérative d'activités PRISME. En savoir plus sur www.adalie.pro

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