Le deuxième baromètre de l’Inria sur l’appropriation du numérique par les Français, montre une accélération de celle-ci lors des 3 dernières années. Le nombre...

Le deuxième baromètre de l’Inria sur l’appropriation du numérique par les Français, montre une accélération de celle-ci lors des 3 dernières années. Le nombre des sceptiques et des indifférents diminue, tandis que le nombre de ceux qui déclarent ne pas pouvoir s’en passer a doublé, passant de 17 à 34%.

L’enquête indique que la perception de la nature des objets et des services numériques s’affirme, dans le prolongement d’un accroissement du caractère «  utile » du numérique en général. En 2011 cette utilité était déjà reconnue, mais elle est aujourd’hui commune à tous les secteurs d’activités, à l’exception de l’enseignement, malgré une politique gouvernementale dynamique dans ce domaine.

Sociétal

L’ouverture sur le monde, l’accès à la connaissance et la capacité d’entreprendre sont pointés comme les domaines où le numérique joue un rôle déterminant pour plus de 80% des sondés.

Autre fait marquant, les Français sont partagés entre deux sentiments contradictoires sur l’aspect positif du numérique dans la relation aux autres. Ils le considèrent largement positif dans la sphère professionnelle et amicale, mais autant négatif que positif dans la sphère familiale et intime.

Cette ambivalence se retrouve chez 82% des participants au sondage qui se déclarent prudents et curieux (73%), reflétant un sentiment mélangé de doute et d’enthousiasme.

Cette prudence se caractérise par une prise de conscience que le développement technologique peut produire du bon et du mauvais : «  de grands pouvoirs donnent de grandes responsabilités »…

Mais bonne nouvelle, pour apaiser cette prudence les Français sont prêts à acquérir de la maitrise et à rechercher des informations, et ils souhaitent fortement que leurs enfants aient une meilleure éducation numérique.

Près d’un sur deux est disposé à être accompagné dans des lieux spécifiques comme les EPI, tiers lieux, Fab Lab… pour évoluer d’un statut d’utilisateur à celui d’acteur du numérique. Non seulement pour les usages de base (90%), mais aussi pour des usages avertis, type production de contenus, voire même le codage de logiciels (50%) !

L’enseignement est de nouveau pointé du doigt dans le baromètre, 75% souhaitent que l’enseignement de l’informatique et des sciences du numérique soit introduit dans les programmes avant la terminale.

 Économie

Le baromètre ne dit pas si la capacité d’analyse économique des Français s’est développée au gré de la crise depuis 2009, mais à la lecture de leur perception du numérique dans ce domaine, on pourrait le penser.

86% pensent que le numérique est « un secteur très concurrentiel », tout en considérant à juste titre son caractère transversal à tous les secteurs et son rôle majeur pour la croissance, l’emploi, les conditions de travail. Ces conséquences positives pour l’économie vont de pair avec une impression partagée par 1 Français sur 2 que la France a plein d’atouts à faire valoir dans la mondialisation. Voilà un élément qui tempère sérieusement la morosité ambiante de nos compatriotes, décrite depuis des mois par les sondages et les médias…

Autre analyse pertinente, celle qui est considérée par 91% de sondés : le numérique a de l’avenir. Les trois quarts notent aussi à juste titre que ce secteur permet de progresser rapidement, c’est un pourcentage semblable à celui de 2011.

L’attractivité de ce secteur est bien identifiée, mais c’est son rôle perçu en faveur de l’entrepreneuriat qui est intéressant à souligner. Recoupant un indice signalé plus haut, une très large majorité pensent que les Français sont prédisposés à créer et entreprendre dans le numérique et que son impact est positif pour renforcer leur capacité d’entreprendre.

Cet aspect du baromètre INRIA me semble fondamental. Comme j’ai pu l’indiquer dans des précédents articles, notre pays a des structures sociale et géographique favorables à une dynamique entrepreneuriale diverse et de qualité.

La fibre créative des Français pourrait se révéler en matière économique et professionnelle à la faveur d’une appropriation plus importante de la culture numérique, dont ils perçoivent le potentiel mais aussi les risques et les limites actuelles. Ceci est une bonne nouvelle à la fois pour les usagers en général, mais également pour les professionnels, indépendants, entreprises. Un effet stimulant quant aux compétences et aux services offerts et l’innovation recherchée devrait être observée dans les prochaines années, comme un saut profitable dans la future économie en cours de mutation.

Nous explorons la véracité de cette tendance ou de cette prédisposition entrepreneuriale des Français dans un prochain bulletin de la rubrique « On en parle ».

« De grands pouvoirs donnent de grandes responsabilités » résume assez bien le sentiment global de ce sondage, à savoir que les Français poursuivent leur expérience du numérique, deviennent un peu plus exigeants face au «  mastodonte » qu’ils aimeraient dompter un peu mieux, pour ne pas qu’il interfère plus qu’ils ne le souhaitent dans leur vie privée. On peut espérer que si cette dynamique se confirme, elle puisse peser sur des orientations et des choix politiques qui ne manqueront pas d’être débattus dans les prochaines années, comme c’est le cas actuellement au niveau européen sur la neutralité du Net.

Leonard Lenglemetz

Et si on travaillait ensemble, autrement, dans la Drôme ? Je travaille au sein de l'association Le Moulin Digital à Valence sur le développement du coworking et autres formes de travail collaboratif.

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