Le 26 mai dernier, les animateurs de Tiers-lieux en tout genre se retrouvaient à Chatuzange-le-Goubet pour remixer Médiation numérique, coworking, fabrication numérique…et pourquoi pas... « Imaginons des lieux hybrides pour faire ensemble », le compte-rendu !

Le 26 mai dernier, les animateurs de Tiers-lieux en tout genre se retrouvaient à Chatuzange-le-Goubet pour remixer Médiation numérique, coworking, fabrication numérique…et pourquoi pas d’autres ingrédients comme les AMAP. Voici le compte-rendu de cette riche journée à laquelle différents animateurs des espaces du réseau Cedille ont participé.

En guise d’introduction

Le 26 Mai daffiche - copieernier, sur une initiative de la Coordination Rhône-Alpes/Auvergne de l’Internet accompagné (CoRAIA), une journée d’étude visant à croiser les regards des médiateurs numériques et des porteurs de projets de tiers-lieux et/ou espaces de co-working, s’est déroulée à Chatuzange-le-Goubet.
Construite conjointement entre les animateurs de la CoRAIA et les acteurs représentatifs de ces questions sur le territoire de Drôme-Ardèche (Syndicat Mixte des Baronnies Provençales, Syndicat Mixte de l’Ardèche méridionale, Pôle Numérique de la Drôme) afin notamment d’assurer un ancrage territorial dans ce département (26) en plein appel à projets pour l’émergence d’un réseau de tiers-lieux, cette journée a réuni une quarantaine d’acteurs venus de toute la région, malgré les grèves de train et autres menaces de coupures de courant!.

Nous tenons à remercier Mme Helmer (Conseillère départementale en charge du numérique, Présidente du Pôle Numérique et conseillère municipale de la ville de Chatuzange-le-Goubet) pour son mot d’accueil ainsi que pour avoir facilité la mise à disposition gracieuse des magnifiques locaux de sa municipalité (Ensemble Charles Bringuier), de même nous remercions le Pôle Numérique pour la prise en charge du buffet du midi.

Les participants étaient, à peu près, également répartis entre professionnels issus de la médiation numérique et ceux issus des espaces de co-Working, un troisième groupe représentait les professionnels dont le positionnement était à la croisée des chemins (médiation numérique en transformation vers des espaces de co-Working, têtes de réseau, animateurs de réseau, porteurs de projets, chargées de mission…)…

Après un accueil café et un mot de bienvenue par Mme Helmer, nous avons procédé à une rapide présentation de la CoRAIA, assez méconnue par les participants non issus du monde des EPN. Voici le diaporama diffusé.

Nous nous sommes par la suite prêtés à un petit jeu concocté par Léonard du Pôle Numérique, un quizz pour tester les connaissances des participants. (outil: Plickers)

Résultats plickers

(cliquer pour agrandir)

Poser les bases communes

Suite à cette introduction, Antoine Durigan-Cueille de la Loire est venu nous faire une présentation générale permettant de poser les bases d’un vocabulaire commun, puis dans un deuxième temps, nous faire un retour d’expérience quant à l’histoire de Zoomacom/Comptoir Numérique et d’autres initiatives ligériennes. Son intervention s’est largement appuyée sur le manifeste des tiers-lieux visible sur movilab.
Selon Antoine, un tiers-lieu est un lieu sue les usagers s’approprient en fonction de leur besoin, il peut donc être composé d’un espace de co-Working mais pas nécessairement. En effet, des tiers lieux peuvent être à dimension sociale ou culturelle par exemple, c’est l’hybridation, la proximité et le brassage (et donc la souplesse) qui fait d’un lieux un tiers-lieux. Voici le diaporama diffusé lors de son intervention (à venir)

Retour de bonnes pratiques

Une fois les bases posées par Antoine, les organisateurs avaient identifié quelques « bonnes pratiques » simples à mettre en œuvre et reproductibles. Ce sont donc les participants qui intervenaient, ils avaient 5 minutes de présentation puis 5 minutes d’échanges avec la salle, pour un format dynamique

Les présentations :

  • Epi Lilo (EPN Drôme) « Planifier et communiquer ses évènements »

  • Pôle Numérique, « un agenda mutualisé pour mieux communiquer en réseau sur ces évènements »

  • La Trame (Promotion et facilitation du co-working en Ardèche) – « Identifier les utilisateurs d’un tiers-lieu »

  • La Forge Collective (espace de co-Working à Valence) « Valoriser un tiers-lieux grâce à ses utilisateurs »

 

 

  • L’atelier (Tiers lieux à Die): « Intégration d’un espace de coworking sur un territoire rural« 

  • LocauxMotiv’ (Tiers Lieux à Lyon) « L’autogestion d’un tiers-lieu »

N’hésitez pas à contacter les structures qui ont mis en place ces pratiques pour les reproduire à votre tour

Après le repas : Place au remue-méninges

L’après-midi était placée sous le signe des travaux en groupe. Nous avons séparé les participants issus de la médiation numérique et ceux plutôt issus du monde du développement économique, les participants « ni l’un, ni l’autre… voir les deux » faisaient office de variable d’ajustement afin de garantir un certain équilibre des groupes.

Chaque groupe devait s’interroger sur les moyens, les besoins, les valeurs, et l’animation du tiers-lieu idéal. Mais pour corser un peu la réflexion, nous avons demandé aux participants issus du monde du développement économique de se pencher sur le tiers-lieu idéal … pour un citoyen et vice versa pour le groupe dont les participants étaient issus de la médiation numérique (si vous avez bien suivi ils devaient imaginer le tiers-lieux idéal pour un acteur du développement économique, un travailleur!)

Nous avions opté pour la méthode du « pop-corn post-it », à savoir un post-it, une idée (un mot clé) que nous devions ensuite répartir en fonction des Items. Chaque participant devait suite à une mise en commun et des échanges au sein du groupe choisir un post-it par item afin que nous puissions présenter les conclusions de ce brainstorming à l’autre groupe.

Ce travail difficile, de retour des conclusions des groupes puis de mise en commun, a été assuré brillamment par Bertrand Paris de Tadaa structure basée à Locauxmotiv’ (tiers lieu à Lyon pour ce qui n’auraient pas suivi). Nous le remercions vivement d’avoir accepté cette participation à l’effort collectif!

Tadaa propose un appui aux démarches collectives (initiatives citoyennes, politiques publiques, projets associatifs…) à travers trois métiers : communication didactique et participative, accompagnement et outillage, et organisation d’événements (plutôt orienté sur des événements de travail collaboratif, type forum ou séminaire, mais sous des formats décalés).

Afin de reposer vos yeux (et mes doigts) je vous propose d’écouter les conclusions de Bertrand.

Imaginez un projet

Toujours en groupe (mais cette fois les participants étaient mélangés et les groupes n’étaient que de 6-7 personnes) un second atelier visait à imaginer des projets en fonction de cartes tirées au sort (créés pour l’occasion). Chaque carte représentait un pictogramme qui définissait un lieu et une thématique. La consigne était simple « imaginez un tiers lieu ». Un fiche de restitution était remise à chaque groupe afin qu’ils puissent, une fois le travail effectué, faire un pitch du projet imaginé devant toute l’assemblée. Bien entendu ces projets ne sont que des esquisses et mériteraient approfondissement.

Le Ouagon: https://twitter.com/gnizon/status/735840833853874177

Le premier groupe a imaginé un projet de tiers-lieu dans un train (appelé « ouagon »). Celui-ci permettrait de faire de la médiation numérique durant le voyage tout en favorisant l’inter-générationnel, notamment autour des jeux vidéo. Il vise également à proposer un espace de création. Pour le modèle économique, rien de plus simple la SNCF devra payer le service! Et quant au territoire concerné: l’ensemble du réseau ferroviaire!

Adopte mon commerçant : https://twitter.com/gnizon/status/735841529584099329

L’idée de ce projet est de redynamiser les commerces d’un centre-bourg, en utilisant les commerces … disponibles sur internet. En effet, la vie moderne nous pousse parfois à aller à la facilité et donc commander des articles en ligne quand les magasins sont fermés, certainement une des force majeure des commerces en ligne, il sont disponibles 24h/24 et 7J/7!

Bien pratique certes, mais nous assistons impuissants à la désertification commerciale des centres villes. Pour remédier à cela, ce projet vise à permettre aux petits commerçants de s’afficher sur une plate-forme de e-commerce. Les habitants du territoire peuvent ainsi passer leurs commandes et le retrait des marchandises se fait au centre ville dans un lieu convivial augmenté par des animations régulières (dégustation, découverte de produits, cours de cuisine, défilé de mode, conférences sur les circuits courts …). Ainsi le consommateur devient un membre du tiers lieu dédié et prend part aux animations… et le commerçant gagne en visibilité.

Le modèle économique repose sur le prélèvement d’un pourcentage sur les ventes effectuées, il peut également entrer dans le cadre du FISAC. Enfin l’association des commerçant pourraient également participer au lancement de la plateforme et à l’accompagnement des commerçants pour mettre leurs produits en ligne et gérer les commandes.

La Coopérative inter-générationelle itinérante de savoir : https://twitter.com/gnizon/status/735844468033720320

Ce projet vise à proposer sur un territoire donné (ici la Drôme) de proposer un service itinérant (sur différents lieux prêts à le recevoir) visant à favoriser les apprentissages à distance. En effet, le taux d’abandon en FOAD est extrêmement élevé, ce service apporterait soutien et mise en réseau des apprenants. Il s’adresse aux jeunes, écoliers, lycéens, étudiants mais aussi aux séniors ou professionnels en reconversion. Sur un territoire rural où peu de formations sont proposées on imagine bien la plus-value d’un tel service. Émulation, soutien, échanges, partages …. autour des savoirs dispensés et en complément des outils numériques….

Quant au modèle économique, il se base sur le Crowdfounding, les subventions des collectivités locales, le troc de savoir et les adhésions

Le beau bus anglais : https://twitter.com/gnizon/status/735845319477493760

Comme son nom l’indique ce projet se situe …. dans un bus anglais. L’idée est de proposer un RepairCafé itinérant. le Bus fait halte dans des villages identifiés et chaque habitant peut apporter ses objets à réparer. Équipé de machines et outils adéquats, le bus est un support pour favoriser l’échange et l’entraide. En effet, l’itinérance favorisant la présence à un instant T de toutes les personnes intéressées. De plus, la mise en réseau des compétences en est facilitée. Bien entendu, un médiateur-chauffeur apporte également ses compétences mais l’idée est surtout de favoriser l’entraide, ainsi la couturière pourra réparer le chandail (oui un peu suranné comme terme mais j’aime bien 😉 ! ), pendant que Paul réparera la cafetière de la couturière… en utilisant le fer à souder présent dans le bus. Au fur et à mesure des présences du bus chacun apprendra à connaître l’autre et ses compétences, et bientôt Paul apprendra à Marguerite à se servir elle même du fer à souder!!!

Pour faciliter les échanges le bus s’appuiera sur des acteurs locaux pour communiquer, promouvoir la démarche et encourager les habitants à venir au rendez-vous (centres sociaux, association locale) ou pourra caler son arrêt sur un autre service (Rendez-vous de l’AMAP, bibliobus par exemple). Des ateliers pour les scolaires pourront être proposés dans le but notamment à sensibiliser au recyclage.

Pour ce qui est du modèle économique, de nombreuses pistes sont avancées: un sponsoring par un célèbre magasin de bricolage (on a pas de préférence, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues!), une participation financière pour les réparations faîtes par le médiateur, des prestations et animations (scolaires, mise en place d’une buvette etc…), adhésion des communes au service…

A terme l’arrivée du beau bus anglais permettra de mettre en place des animations sur la place du village, et ainsi retisser le lien social, sur l’espace public

Pour terminer

Pour terminer une petite fiche faisant office de rapport d’étonnement à été distribuée à l’ensemble des participants. A la lecture de celles-ci, nous pouvons affirmer que la majorité a retenu la richesse des échanges, la qualité des retours d’expérience et semble avoir apprécié les différentes méthodes d’animation proposées. Il semble que ces derniers soient en marche pour continuer cette collaboration à l’avenir: construire les ponts entre médiation numérique, tiers-lieux et co-Working…

Cette journée n’est qu’une amorce et nous espérons pouvoir reconduire cette initiative très prochainement!!

Leonard Lenglemetz

Et si on travaillait ensemble, autrement, dans la Drôme ? Je travaille au sein de l'association Le Moulin Digital à Valence sur le développement du coworking et autres formes de travail collaboratif.

No comments so far.

Soyez le premier à laisser un commentaire ci-dessous

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *